Tour d’horizon de nos producteurs après un printemps cette année pas comme les autres….

Vous n’avez pas eu l’occasion de beaucoup échanger avec les producteurs ce printemps lors des distributions . Les règles sanitaires imposées , masques, distanciation sociale, n’incitaient pas à la flânerie ni au dialogue . Certains d’entre eux ont donné de leurs nouvelles. Voici un petit tour d’horizon qui va vous permettre de savoir comment ce printemps s’est passé pour eux et pour leur activité. Au fur et à mesure des informations récoltées, elles feront l’objet d’un complément d’article.

Thierry Vallarino, le maraîcher a connu un mois d’avril difficile. Chaque année, la transition entre la saison d’hiver et celle d’été est toujours une période délicate. Des solutions sont à l’étude pour que ce problème récurrent soit à l’avenir atténué . En attendant, les paniers se remplissent à nouveau des légumes de printemps, petits pois, fèves …..comme pour fêter la fin du confinement ! De nombreux amapiens ont fait don de leurs paniers d’avril pour l’aider à franchir cette étape difficile.

Grégoire Delabre, à Barcillonnette, dans les Alpes , a vécu un confinement à l’extérieur ! dans les prés ! avec une main d’oeuvre motivée et dynamique, en l’occurrence ses trois fils, étudiants, revenus à la maison pour cause de fermeture des universités, qui lui a permis de replanter de nombreux arbres ! Peut être la relève ? . La saison des pommes s’annonce sous de bons auspices. Cet automne, la récolte devrait être bonne …..En revanche, compte tenu des contraintes sanitaires, il n’y aura pas de fête, ni de week-end à la ferme organisé ce mois de Juin…..

Patrick Giannone, à Buis les Baronnies a du faire face à nouveau cette année au gel printanier qui a fait des ravages sur les abricotiers, et c’est avec une grande tristesse qu’il a constaté les dégâts, et ce malgré les efforts fournis en allumant plusieurs soirs de suite des bougies anti-gel. Toute la vallée a été touchée . Patrick promet de réserver sa maigre récolte en priorité à l’amap. Merci à l’avance.

 

Marty Cousin arboriculteur à Bruis 05 sur la Ferme St Jean, nous a fait parvenir un message écrit par sa grand-mère Annie Cousin.
Photo des petites prunes Santa Clara qui deviendront des grosses prunes violettes, et une photo d’une branche de noyer qui mérite une explication :
En haut, l’espèce de grappe noire, c’est le chaton, la fleur mâle du noyer. En-dessous, entre les doigts, sur une petite branche, c’est la fleur femelle qui donne une petite noix.

 

« Chez nous, à 800 mètres d’altitude, le mois de mai s’est installé. Après une semaine de pluie la campagne dans la vallée semble revivre et nous offre ses couleurs printanières, vert tendre des jeunes céréales et herbe drue des prairies.

Après un hiver assez doux et sec, le début du printemps n’a pas apporté la pluie attendue. Il a fallu attendre le début du mois de mai pour que la pluie arrive enfin.

Les abricotiers qui étaient précoces ont gelé en février et il n’y aura pas d’abricots cette année, la récolte ayant été anéantie.

Les pruniers plus tardifs s’en sortent mieux et une récolte prometteuse s’annonce. Sur les 5 variétés que produit la Ferme St Jean, seules les Reines-Claude Bavay manqueront. Il semble, bien qu’en agriculture rien ne soit jamais sûr, que les autres variétés s’en sortent à peu près. Mirabelles : jolie récolte attendue.

Le temps doux de ce printemps a favorisé une bonne pollinisation et sur les noyers les petites noix se forment et ne demandent qu’à grossir.

Les lavandes deviennent magnifiques, les plants se développent bien et les premiers épis naissent nombreux sur les « baïasses ».

Les immortelles commencent à jaunir.

Nous remettons les cloches aux vaches pour bientôt les mettre à l’herbe avant de les accompagner aux pâturages de montagne. »

 

Philippe Bilocq, producteur de pommes, poires, au domaine de St André à La Saulce, a aussi passé le confinement à l’extérieur. :  » dans cette période où vous êtes confinés chacun chez soi, moi, c’est le contraire, il faut être jour et nuit dehors afin d’avancer les travaux de préparations et modifications du réseau d’aspersion pour l’anti-gel et surveiller les températures nocturnes « .
Pour l’instant il semble que tout aille bien et que la température ne soit pas descendue en dessous de -1°. La récolte est en principe assurée.
Les livraisons ont continuées. Plus de purée pomme-myrtilles, pomme-framboise, mais beaucoup de poches purée pomme-poire, poire, pomme en stock en raison de la fermeture des cantines et de la restauration collective. Les amapiens ont répondu présents en passant commande.
Aux dernières nouvelles, Philippe Bilocq nous dit  » temps très changeant en ce moment mais je suis vraiment content car les récoltes s’annoncent très bonnes.
Il y a beaucoup de pommes, de poires et de raisin et en plus pas de maladie pour le moment malgré les nombreuses petites pluies, il a fallu assurer la couverture par du soufre et un petit peu de cuivre, je peux vous dire qu’il fallait être très très attentif.
J’ai beaucoup de personnes en ce moment, 7 qui éclaircissent les pommes et épamprent les vignes ,puis 2 à 3 personnes qui ont fini de couvrir de filets les 2 ha qui n’étaient pas encore protégés de la grêle, et qui maintenant qui réparent les petits trous sur les anciens filets.
Vous comprendrez qu’avec les risques d’orages violents sur Gap de ces jours-ci nous voilà plus rassurés pour les mois à venir, pour l’instant les grêlons ne nous ont pas atteints, bien sûr le risque demeure toujours pour les vignes qui ne peuvent pas être protégées.
Encore merci pour vos commandes pendant cette période de confinement et pour l’après confinement, ces ventes nous ont permis de financer tous ces travaux nécessaires à la survie de notre domaine.
Vraiment vous êtes super!!! »
Roland Lacour à Hyères, n’a pas changé beaucoup ses activités en cette période de confinement. C’est la floraison des kiwis en ce moment. Tout va aussi bien que possible pour lui et son épouse, compte tenu de leur âge avancé à tous les deux.
Thierry et Véronique Boufflet, oléiculteur aux Mées  « ce printemps dans les oliveraies , c’était le temps de la taille : 480 arbres à tailler soit au couteau-scie soit au sécateur !
Maintenant ils guettent la floraison, car elle vient un peu plus tard ici qu’en bord de mer et il y a le risque du gel…
Pendant le confinement, ils ont avancé la construction du hangar en bois au dessus d’une de leurs oliveraies ce qui leur permettra de stocker le tracteur, leur matériel et aussi de s’y reposer car ils habitent à 60km delà.
Ils sont plein d’enthousiasme, motivés pour nous produire une huile riche de saveur et de qualité !
Prochaines livraisons, mi-juin et début aoùt.
Corinne Jaffeux, productrice de châtaignes au Domaine de La Balan a vécu un confinement heureux !
« Tout ce temps de confinement en Ardèche n’est que confirmation que nous vivons dans un petit coin de paradis ici et qu’il est temps de ralentir pour trouver la juste voie dans nos consommations.
Tout ce confinement dans ce pays sauvage ne nous a pas embêté …et au contraire.
Calme, paix, du temps pour le jardin potager, écouter les oiseaux…
Toute la famille va bien.
Même les commandes n’ont pas taris…en effet la demande de produits de qualité et en magasin très local n’a eu de cesse d’augmenter.
Comme chez vous, auprès de l’Amap  j’imagine !
Pour le moment, les châtaigniers ont sorti leurs plus belles feuilles.
La chaleur et la pluie d’Avril leur a bien plu.
Nous ne pouvons rien présager sur la future saison 2020 car tout se joue sur le dernier mois avant la récolte en Octobre ».
Théodore PLANAS n’a pas chômé pendant cette période ! Il en a profité pour élaborer dans son atelier de boulangerie un pain au petit épeautre qu’il a proposé pour la nouvelle saison ! un vrai régal ! Merci Théo.
Arnaud Rocheux , apiculteur à Correns, nous écrit « la période de confinement a été difficile surtout en raison de la contrainte liée à la non scolarisation des enfants: faire l’école à 3 enfants de 7 à 12 ans et en même temps s’occuper de ses ruches a été compliqué!
Question météo, ça s’est plutôt bien passé .L’hiver a été doux mais le froid du mois de février a fait stagné la population des abeilles, sans apport de pollen les reines ont moins pondu. Le Varroa s’est installé à l’intérieur de certains couvains et malgré la chaleur des mois de mars et avril, certaines ruches ne sont pas en forme et vivotent. Tout va se jouer comme d’habitude sur la fin mai et le mois de juin ».
Arnaud va commencer la transhumance vers la montagne du Dévoluy, où les fleurs de printemps devraient permettre surtout de développer les essaims. Il redoute surtout la grêle qui détruit les floraisons pour l’acacia et le châtaignier.
Cécile Ceccaldi, productrice de safran à Roquevaire traverse elle aussi une passe difficile à cause de la fermeture des restaurants et des marchés. Lors de la prochaine commande n’hésitez pas à la soutenir, le safran se conserve longtemps !
Bertrand Allais, à Bras a dés le début du confinement été dévalisé de l’ensemble de ses stocks de farine ! la livraison prévue en Mai n’aura donc pas lieu. A ce jour, l’état des cultures n’est pas connu.
Stéphanie et Jean-Pierre Isoard ont continué leurs activités d’élevage de boeufs et d’agneaux dans les Alpes, sans modifications dans leur planning respectif. Les livraisons ont elles aussi été assurées .
Matthias Carel et Isabelle Denier, respectivement producteurs de fromage de chèvre et de brebis ont quant à eux pu poursuivre leurs activités ainsi que les livraisons, sans changement notoire, même si les circonstances actuelles n’ont pas facilité leur tâche.

A La Roquebrussane, chez Matthias, « pendant tout le printemps, tout s’est passé à merveille sur l’élevage. Je crois que le troupeau n’a pas vraiment pris conscience du développement d’un certain virus et tout ce que cela a pu engendrer dans le monde des humains.

La météo a été des plus favorable cette année pour les pâturages (abondance de ressources herbagères), même si cela demande de l’attention, parce que des ingestions d’herbes trop vertes en trop grandes quantités peuvent être facteur d’instabilité ruminale, et du coup être contre productif sur l’état corporel des animaux et leur production laitière.

Comme chaque année vers le 15 mai, nous avons déménagé le troupeau avec la salle de traite mobile, sur les parcours d’été. Les bêtes sont maintenant menées en plein air intégral jusqu’à fin octobre (période de tarissement).

Vu les circonstances, nous n’avons malheureusement pas pu organiser cette année le pique-nique annuel sur l’élevage. Ce n’est que partie remise pour l’année prochaine. »

Romain Chanoine (éleveur de Truites à St Martin de Queyrières 05120) a pu mettre en place pendant la période de confinement un drive avec d’autres producteurs locaux, qui a remplacé les marchés hebdomadaires annulés. Il a ainsi pu livrer ses poissons à une nouvelle clientèle locale.
Elisabeth Rungette, productrice de noix de Grenoble, et sa famille ont vécu un confinement serein. Concernant le domaine, ils en ont profité pour réparer les toits et nettoyer les arbres tombés pendant les intempéries de juin et juillet de 2019, orages et vents violents avec grêle . Rappelez-vous, l’an passé, pas une noix sur le domaine.
A ce jour, tout se présente bien pour une bonne récolte. Il faut croiser les doigts pour que la météo soit plus clémente cette année.
Yannick Palier, producteur de poulets à Hyères, et Sébastien Tappero, paysan-brasseur de Forcalquier ont annoncé leur cessation d’activité en Mai. Pour Yannick, ce n’est pas la crise due au Covid 19 qui est la cause de son arrêt, mais des difficultés récurrentes rencontrées avec les abattoirs locaux. Quant à Sébastien , il a dû arrêter son activité faute de trésorerie. Sa situation était déjà délicate auparavant, le crise aura eu raison de sa brasserie.  Au revoir à tous les deux et bonne chance.
Il faut dire également que si tout cela a pu bien se passer, c’est grâce aux bénévoles amapiens qui ont assuré la logistique pour toutes ces livraisons et ce dans le respect des règles sanitaires imposées. Récupération de sacs pour préparer les paniers de légumes à l’avance et ensuite distribution sous un format « drive » en distinguant les produits autres des légumes pour fluidifier la distribution. Merci à tous ceux qui se sont mobilisés depuis le 18 mars pour assurer le maintien du lien et de la production.

 

A la lecture de tous ces témoignages, il apparaît que ce confinement a globalement été bien vécu dans les fermes, le temps plus rythmé par la météo et les tâches annuelles à réaliser à cette période de l’année que par les évènements extérieurs. Certains y ont même trouvé l’opportunité de nouveaux marchés, grâce au regain d’intérêt pour la production bio et locale. Reste à souhaiter que cet engouement ne soit pas que passager en ayant permis à certains des prises de conscience salutaires. Si l’on peut raisonnablement être optimiste, la vigilance s’impose et reste toujours d’actualité.

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